dimanche 4 février 2007

Nouveau départ

il y a encore des cartons partout: sur le sol, le lit, sous le bureau, dans mes jambes, autour des chats. au milieu de ce campement organisé, l'ordinateur se dresse cependant fièrement sur son îlot sécuritaire; petit espace de bois brut suédois. il me regarde avec malice, me nargue, me convoite. oui, je vais m'asseoir face à toi et écrire. oui, je vais faire ce premier pas et reprendre ce que j'avais commencé; ce pour quoi j'ai renversé ma vie, ma quotidienneté.

il y a bien longtemps que je n'ai rien posté sur ce blog.

nous sommes en février; la voie est libre pour les résolutions. celles-ci ne risquent pas d'échouer aux fonds d'un abime (pauvre "abime" qui a perdu son accent circonflexe selon la Nouvelle Orthographe" ) déjà surchargé par les années précédentes.

donc nous disons:

*dévoiler mon blog à certains de mes amis (cela me permettra au moins d'avoir quelques lecteurs)

*commenter les blogues que je visite régulièrement (daniel rondeau, un taxi la nuit, grégor...)

*écrire plus régulièrement. des textes de fictions. des critiques de films, de théâtre, de livres. juste écrire. quelques lignes.

voilà pour ce soir. à la fois si creux et si plein.

je file au cinéma voir Coeurs, le dernier film d'Alain Resnais. j'habite maintenant à coté du cinéma Beaubien. je vis à Montréal depuis 4 ans et, pourtant, je n'y avais jamais mis les pieds. pour moi, la vie s'arrêtait rue Laurier. en posant mes valises dans ce nowhere, vais-je réussir à me retrouver?

samedi 11 novembre 2006

Choc

ça arrive par vagues, sans prévenir. chaos d'images et de sentiments. mon ventre se crispe, se retourne, se mortifie; cherche à se débarrasser d'un poids.

coup du coeur en pleine tête. mes genoux heurtent le sol dans un bruit mat. hémorragie occulaire. je me vide en syncope. un dernier souffle mélangé à ma voix que je ne reconnais pas.

ça va passer.

jeudi 9 novembre 2006

Comme beaucoup d'autres avant moi, je crois aux coïncidences et quelquefois à un don de voyance chez les romanciers- le mot "don" n'étant pas le terme exact, parce qu'il suggère une sorte de supériorité. Non, cela fait simplement partie du métier: les efforts d'imagination, nécessaires à ce métier, le besoin de fixer son esprit sur des points de détail- et cela de manière obsessionnelle- pour ne pas perdre le fil et se laisser aller à sa paresse-, toute cette tension, cette gymnastique cérébrale peut sans doute provoquer à la longue de brèves intuitions "concernant des évènements passés ou futurs", comme l'écrit le dictionnaire Larousse à la rubrique " Voyance". (Patrick Modiano, Dora Bruder, Gallimard, 1997)
devrais-je m'acheter des lunettes ou m'inscrire à un cours d'aérobic?

dimanche 5 novembre 2006

Amphibisme

Pourquoi les dimanches doivent-ils toujours avoir la même saveur? Quelques fois, par pur hasard, un petit miracle se produit. Le soleil décide de nous faire un clin d'oeil. La route continue après le tournant et mène au Mont-Royal. Le téléphone sonne et le chat pointe son bout de nez.

Mais aujourd'hui, il n'y a pas de miracle. Pas de magie. Tout juste la banalité tragique de la pluie. Alors je rejoue Aquanaute. Un disque amphibie. À écouter dans son bain. les matins gris. les après-midi d'ennui. les nuits trop longues de solitude et d'attente. Attente d'un coup de fil; d'un sésame qui nous ouvrirait la porte d'un coeur déjà trop chargé. Mais ce sésame ne vient pas souvent. Alors on appuie, machinalement, sur le bouton "rejouer". Le disque repart. Nos rêveries avec. J'ai longtemps attendu ton appel. Trop longtemps peut-être. Et puis un jour, j'ai cessé d'écouter Arianne. Je lui ai donné congé. Pour quelques mois.

Concert ce vendredi. le sien justement. Pourquoi n'ai-je pas réussi à me laisser emporter? La musique attaquait mes oreilles. Les mots coulaient sur mes yeux. Et je ne la reconnaissais pas. J'ai mis quelques heures à comprendre que ce n'était pas elle, mais moi, que je ne reconnaissais plus. Sentiment d'ivresse aigüe. lassitude. déception. bien-être naïf.

L'époque que je pensais retrouver a définitivement sombré dans les abysses d'une autre histoire. Tu n'es plus. Le point est enfin final.

Le deuil est fatigant mais rapide. Je suis une autre. Sans toi. Parfois, cette autre me ressemble. Parfois, je me surprends à sursauter devant l'image que me renvoient ses yeux. Comme Arianne, je remixe les limbes du passé. Je ne m'appartiens plus vraiment et pourtant je suis toute à moi.

"parce que l'on a tant besoin que l'on ait besoin de nous" dit la chanson. Tu es enfin autonome. Mon rôle n'a plus d'importance. La pièce, ta pièce, finira sans moi. Tu peux voyager seul. Moi, je vais commencer par visiter le port; respirer l'air nouveau. J'emmènerai probablement Arianne. simplement pour la confronter à l'eau.

mercredi 1 novembre 2006

nouveau concept. nouvelle heure.
nouvelle folie?
je cherche désespérément un sens à ma vie. je parle beaucoup ces temps-ci. de ce que je pourrais faire. de ce que j'aimerais changer. je passe mes journées dans un quasi-rêve. les gens défilent devant moi, leurs bras chargés de fantasmes, de voyages, d'autres vies. des vies que j'aimerais vivre jusqu'à la dernière page, jusqu'à épuiser l'encre des heures et sentir la poussière des bibliothèques. mais je me contente de les voir passer. comment faire pour retenir un peu de cette magie? comment décider, se mettre en mouvement et écrire ma propre histoire?

"Elle prenait la vie comme un livre qu'elle commençait par la finNe voulait surtout pas choisir pour ne jamais renoncer à rien" dit la chanson. peut-être y-a-t-il un peu de ça aussi...Choisir implique de laisser des choses en arrière. considérer les options et décider de la meilleure. pour soi. sur le moment et pour les prochains siècles. comment renoncer à des chemins pavés de pensées et de nuages moutonneux? comment trouver le courage d'affronter la vraie vie, celle, tangible, des petits-déjeuners, des comptes à payer, des échecs aussi, parfois.

mais rêver reste la plus belle aptitude de l'homme. rêver ces multiples voies, ces nombreux "road-trip", ces amours veloutées. alors je rêve. je nage dans cette douceur. je te vois, toi. tu es à la fois mon metteur-en-scène, ma réplique et mon public tout entier. tu es le créateur et la création. l'oeuvre dans son entier. puissance magique des matins brumeux. ne m'en veux pas de te garder ainsi prisonnier. un jour, je me réveillerai. et alors, je serai assez grande pour te rendre ce que je t'ai volé. en attendant, embarque avec moi dans cette décapotable américaine.

tu peux choisir la couleur; ce n'est qu'un rêve.

mercredi 18 octobre 2006

L'attaque du Mille-pattes

il y a des matins comme ça où tout va trop vite. à peine réveillée, les évènements s'enclenchent et défilent sous nos yeux à toute vitesse. les minutes s'affolent. sur le coup, le réveil en oublie l'heure et sonne quelques quinze minutes après son horaire habituel. la panique se poursuit dans la cuisine où même le présentateur radio avale ses mots sans les macher, la musique semble fixée sur ''avance rapide'' et la pub disparaît mystérieusement. dans la salle de bain, c'est une toute autre histoire. la douche coule si lentement sur mon visage qu'elle m'entraine dans une torpeur bienvenue. mais à peine sortie de cette brume bienveillante que la vitesse me redonne le tournis. je cours je cours je cours. d'une pièce à l'autre; d'une pensée à l'autre.
et soudain, je le vois. il fonce vers moi. toutes pattes dehors, tête tendue et corps ondulé. il avance à une allure d"au moins 30 noeuds. sans réfléchir, n'écoutant que mon angoisse, j'abats mon chausson fleuri sur son corps démesuré. un bruit mat illustre la mort de ce mille-pattes: pok. puis tout s'arrête. les minutes s'égrennent de nouveau lentement. le présentateur, au loin, dans la cuisine, parle d'une voix audible.
et je vais avoir mon bus.
et si 2 et 2 ne faisait pas 4
et si le soleil ne revenait pas demain matin
et si la 24 ne courait plus sur Sherbrooke
et si les nuages ne formaient plus de baleines géantes
et si rêver les yeux au plafond n'apportait pas l'inspiration
et si la caresse de ta main n'avait plus rien de romantique
et si l'océan n'était plus rempli de plancton
et si le Ré ne venait plus après le Do
alors il ne me resterait qu'à devenir un amalgame de roches, un caillou, un quartz. boire un peu, beaucoup, passionnément. avaler des pilules, des couteaux, des amants. ouvrir la fenêtre et laisser les particules s'envoler.
mais je vois déjà les rayons du soleil se profiler. mon saxophone se trompe un peu mais donne encore la note juste. quant à ta main, elle fait toujours frissonner la mienne.
je ne mourrai pas encore cette nuit.