dimanche 21 septembre 2008

Ce n'était sans doute pas une bonne idée, en effet.

Je n'ai jamais pédalé aussi vite avec autant de poids dans mon panier. Sans casque, les cheveux en bataille, le vent froid sur mon visage, j'ai dévalé les pentes à toute vitesse. Plaisir coupable. Bref sentiment d'être en vie.
Je suis arrivée devant la porte de chez moi sans m'en rendre compte. Le coeur près à bondir hors de sa cage. Le souffle court. La goutte au nez.
Mes mains et mes jambes tremblaient.
Trop d'émotions, de colère, de désillusions.

J'ai voulu effacer ces quelques heures. Effacer cet inconfort. Oublier les affronts, la gène, la culpabilité. Oublier la tristesse. J'ai voulu égarer ces sentiments trop intenses. Je me suis à peine égarée moi-même. Tout juste perdue quelques minutes dans les zigzags de la circulation, les lumières des voitures et les ombres des ruelles.

Je suis maintenant assise à mon bureau, devant l'écran de mon ordinateur, le regard fixé sur le curseur qui s'agite. J'écoute Sarah McLachlan.
Des bribes du passé remontent à ma mémoire. Odeur et sensations de ma première année de vie ici. Même fatigue, même colère, même impuissance qu'aujourd'hui. Pourquoi?


Il y a ces barrières qu'il ne faut franchir sous aucun prétexte. Ces lignes invisibles qui délimitent notre chemin.
Il y a cette part de l'autre qu'il ne faut pas connaître. Pas comme cela.
Il y a ces masques qu'il ne faut pas porter. Ces rires faux qu'il vaut mieux garder pour soi.
Et il y a surtout notre estime de nous-même qu'il ne faut pas piétiner. Jamais. Pour personne.

Suis-je assez forte pour cela?

dimanche 14 septembre 2008

Parachute

il est 6h07 et je somnole dans le bus intercommunal qui me conduit à la gare. mon visage est posé contre la fenêtre. près de mes lèvres, un petit nuage de buée se forme. il fait froid. les passagers ne parlent pas, ne lisent pas, ne mangent pas. ils finissent leur nuit.
Coldplay joue dans mes oreilles. tempo lent des matins gris. lumière clignotante au creux de l'hiver.
les paroles glissent sur moi comme les gouttes de pluie sur la vitre du bus. je rejoue une tragédie irréelle et insoluble. et je n'y comprends rien. je ne cherche plus à comprendre. la musique coule plus fort en moi et m'emporte dans une bulle protectrice.

il est 23h14 et je somnole devant mon écran d'ordinateur. le curseur clignote dans l'attente d'une parole, d'une phrase, d'un paragraphe. il n'y a pas grand chose à dire pourtant. la chaleur ici est étouffante. l'humidité, écrasante. pas un bruit dehors. les voisins dorment. la nuit est d'encre.
j'écoute encore Coldplay. il n'y a plus vraiment de tragédie. irréelle ou pas. juste cette lente mélancolie.

sept ans séparent ces deux instantanés kodak. que s'est-il passé entre les deux?

samedi 13 septembre 2008

grrr

je sais pourquoi je déteste l'automne: on ne sait jamais quoi porter!
ça fait 30 minutes que je fouille dans ma garde-robe, et je peux vous le dire, si je continue à fulminer comme ça, elle va bientôt prendre feu!

vendredi 12 septembre 2008

Le temps est à l'orage.
Laissons le tonnerre éclater et les éclairs réveiller les âmes endormies.
Feu d'artifices ce soir.
Les hommes prieront et les dieux riront.
Nous les regarderons sans mentir. Nos mains jointes mais nos langues déliées.
Le ciel brulera et les larmes couleront.

Au loin, l'arc-en-ciel percera.
Nous l'espérons.

Jeanine Médicament Blues

Hey bonsoir Mr Blues... bonsoir Mr Cafard
Bonsoir vieille compagne, Mrs araignée noire
Je ne vous avais pas sonné, j' préfère pas trop vous voir
Mais puisque vous êtes là, vous pouvez vous asseoir
On va se faire une fête rien qu'entre vous et moi
Nous arranger la tête les grands dans les petits plats.

Puisque mes sentiments sont en panne de moteur
Puisque je ne sais plus où pourquoi à quelle heure
Moi j'ai quelques amis qui me laissent jamais tomber
En liquide en pilule en poudre en comprimé
Les seuls à pouvoir encore me faire ressentir
Des morceaux d'émotion des bouffées de plaisir.

Une rose pour la vie
Une rouge pour l'amour
Une noire pour la nuit
Et une bleue pour le jour
Une jaune pour être speed
Une mauve pour être cool
Orange pour le rire
Et marron pour les moules
Une blanche pour être bien
Une verte pour la route
Et Jeanine Jeanine Jeanine pour éviter le pire.

Quand les fêtes de la chandeleur sont bien terminées
Qu'il ne reste plus un roi plus une reine a tirer
Quand j'ai tout à l'envers, quand je tiens plus la route
Quand il n'y a plus de mystère et plus l'ombre d'un doute
J'ai toute une panoplie rangée dans un placard
Superinsecticide spécial anti-cafard.

Ne laissez plus vos sens dans les mains du hasard
Au gré de vos amours des retours des départs
Quand petit papa Noël pas descendu du ciel
Quand seul dans ton dodo plus de petit cadeau
Décide donc toi-même d'être bien d'être mal
Le bonheur en couleur sécurité sociale.

Une rose pour la vie
Une rouge pour l'amour
Une noire pour la nuit
Et une bleue pour le jour
Une jaune pour être speed
Une mauve pour être cool
Orange pour le rire
Et marron pour les moules
Une blanche pour être bien
Une verte pour la route
Et Jeanine Jeanine Jeanine pour éviter le pire.

(Jean-Jacques Goldman, Jeanine Médicament Blues, in Minoritaire, 1983)

vendredi 29 août 2008

Écrire est là. Au bout de mes doigts.
Bientôt.

Ni remords, ni regrets.

Il n'a aucune chance avec elle :
Je l'ai prévenu,
Mais il veut essayer quand même :
Il est têtu.
Il ne veut pas de mes conseils,
Me sourit d'un air entendu,
Puis s'en va recevoir sa peine,
Le cœur léger, la joue tendue.

{Refrain:}
Il ne m'écoute jamais.
Il fait ce qui lui plaît,
Car encore ne connait
Ni remords, ni regrets.

Inutile de le mettre en garde :
Il tend les bras.
Il trouve ce monde si désirable
Qu'il n'attends pas.
Il tient les serments, les promesses
Pour de l'or pur, pour de l'airain.
Trahi, il en tombe sur les fesses
Mais il n'y pense plus le lendemain.

{Refrain}

Il bénit chaque jour qui se lève,
Se frotte les mains.
Il voit partout de la lumière,
Même dans les coins.
Il se jette la tête la première,
Sans hésiter, sans prendre soin
De glisser un œil en arrière,
Pour voir s'il connait le chemin.

{Refrain}

Si j'ai passé la nuit entière
A lui parler,
Au matin c'est lui qui m'enterre
Pour la journee.
Il ne veut pas de mes conseils,
Me sourit d'un air entendu,
Puis s'en va recevoir sa peine,
Le cœur léger, la joue tendue.

{Refrain}

Stéphane Eicher.